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DROIT DE RÉPONSE PRÉLIMINAIRE
Mon témoignage sur la nationalité de M. Vital Kamerhe a suscité de nombreuses réactions. Certaines ont mis mon affirmation en cause, d’autres m’ont approuvé et encouragé. D’autres encore ont, non
seulement, mis ma crédibilité en doute, mais pire, elles m’ont traité de falsificateur de la vérité et d’intellectuel de mauvaise foi. Malheureusement, les auteurs de cette dernière mouture se
sont adressés directement à moi au lieu de le faire publiquement, au vu et au su de tout le monde, comme moi, en passant par le site où ils m’ont lu. J’apprécierais s’ils pouvaient m’autoriser à
divulguer les propos qu’ils ont tenus à mon endroit, permettant ainsi à chaque lecteur de faire la part des choses.
Je voudrais dire à mes détracteurs aux propos truculents que je ne leur tiens pas du tout rigueur. Au contraire. En effet, après avoir lu leurs commentaires, j’ai pris du recul du temps pour que
ce recul me permette de pondérer ma réaction au choc de leurs observations émaillées de diatribes et de l’exprimer dans un contexte empreint de moins d’émotivité. Qu’ils soient donc rassurés que
je demeure, malgré tout, bien disposé à leur égard.
En conséquence de cette mise au point, ma réplique se veut une invitation qui poursuit deux objectifs: la résilience et la convivialité pour le bien de notre beau pays, le Congo-Kinshasa.
Apprenons à ménager nos susceptibilités en respectant le point de vue de l’autre. Quand on ne partage pas l’idée de celui-ci, cela ne voudrait pas dire qu’on a nécessairement raison. En lieu et
place, nous avons tous intérêt à adopter de bonnes manières qui logent à l’enseigne de la persuasion et non à celle de l’avanie ou du donquichottisme. Pour faciliter des échanges fructueux et
démontrer notre savoir-vivre, la sagesse et l’expérience nous recommandent de traiter nos interlocuteurs en tant que des personnes ayant des sentiments comme nous : ne pas faire à l’autre ce
qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse.
À cet effet, je salue MM. Évariste Mpwo et Nash Kalubi qui se sont montrés courtois. Ils ont soulevé des questions dubitatives auxquelles ils me convient à donner suite. Pour des raisons
indépendantes de ma bonne volonté, je n’ai pas pu répondre jusqu’ici à leurs attentes. Et pour cause : je suis débordé dans mon travail d’une part; et de l’autre, certaines questions qu’ils m’ont
posées méritent d’avoir des réponses issues des recherches fouillées au-delà de ma certitude. Il s’agit notamment des interrogations sur la bourse d’études dont aurait bénéficié M. Kamerhe à
l’Unikin, le maintien de son prénom chrétien lors de la zaïrianisation de nos dénominations.
En attendant de leur apporter des preuves, je voudrais néanmoins leur faire savoir qu’ils avancent des affirmations non étayées comme argent comptant, sans prendre le soin élémentaire de
s’appuyer sur des faits irréfutables.
Quant à l’argument faisant état du mariage de sa sœur au Rwanda (que j’entends aussi vérifier) et celui de l’envoi par sa mère des fonds à Bukavu en passant par le Rwanda, je ne vois pas en quoi
cela rend ces personnes rwandaises. Il y a une certaine réalité des régions congolaises jouxtant les pays voisins que nombre de Congolais ignorent. À cause de la malversation et la
désorganisation de bien des services publics en RDC, beaucoup de compatriotes du Kivu utilisent des canaux rwandais limitrophes (Ciangugu pour les Bukaviens, Gisenyi pour les Gomatraciens) et ce,
depuis l’époque du président hutu, feu Juvénal Babyarimana. C’est notamment le cas de la possession des boîtes postales parce que le service postal n’existe pratiquement plus au Congo[1]depuis
des lustres. Il en va de même pour l’envoi de devises. Cette pratique est courante au Katanga, en province orientale et au Kasaï oriental où des compatriotes passent respectivement par la Zambie,
l’Ouganda et l’Angola, etc.
Au sujet des épousailles de la sœur de M. Kamerhe qui peut les faire avec qui et là où elle veut, je considère, pour ma part, qu’il s’agit là davantage d’une glose, voire d’une interrogation
oiseuse qu’une preuve de la ‘rwandanité’. Nombre de compatriotes ont convolé en justes noces dans les pays voisins sans pour autant qu’ils soient traités d’étrangers. Pourquoi MM. Mpwo et Kalubi
ne se sont-ils pas interrogés sur la nationalité de M. Makila, beau-frère de M. Kamerhe? Est-il Rwandais, lui aussi? Combien de Rwandais se marient-ils au Congo? Sont-ils devenus Congolais de ce
seul fait?
Critiquons la politique de l’aspirant Kamerhe à la présidence plutôt que de jouer objectivement le jeu de M. Kabila qui n’attend que cela. Si M. Kamerhe n’était pas candidat à la magistrature
suprême, on ne lui chercherait pas noise. C’est pourquoi il est pertinent de rester vigilants dans nos assertions. Lorsque M. Mpwo traite également MM. Olivier Kamitatu et Évariste Boshab
Maludy-ma-Bilenge d’apatrides, il se goure car les deux sont authentiquement congolais par affiliation, leur père et mère ou l’un d’eux étant congolais de souche. On peut gloser sur l’ascendance
paternelle du premier mais l’on a des preuves sur ses origines du côté maternel, sa maman, la regrettée maman Mafuta Mingi, ayant été congolaise de souche. Pour ce qui est de M. Boshab, il est de
l’ethnie Kuba, né à Teke-Kalamba, dans le territoire de Mweka, au Kasaï occidental.
J’ai dit plus haut que la réponse de ce jour est préliminaire, donc partielle. J’entends donner la suite dans les jours qui viennent aussitôt que j’aurai fini mes investigations. Entre-temps, je
remercie ceux qui m’ont encouragé et qui m’ont invité à continuer à participer à la réflexion sur notre pays. Je vous promets de le faire.
Je termine en persistant à affirmer que M. Kamerhe est congolais de souche comme vous et moi.
Paul Mulemeri Kanamby
Montréal, Canada